Accueil Actualité Goulaye Le Whisky Live 2014: Le Disneyland du trentenaire

Le Whisky Live 2014: Le Disneyland du trentenaire

2 3478

IMG_6800 « Le Disneyland du trentenaire ». Tel fût le commentaire d’un ami sur ma photo postée (sur un réseau social) à mon arrivée à la Maison de la Mutualité. J’ai trouvé cette remarque tout à fait appropriée tant elle colle merveilleusement aux sourires béats que j’ai pu croiser (et que j’affichais moi-même) en arpentant les allées du salon. Je ne peux le nier, l’amateur de spiritueux trimbale une évidente joie enfantine mêlée à un comportement proche du geek. J’ai d’ailleurs presque honte quand je me revois en train de presser le pas de mon amie et accessoirement photographe, pour aller goûter les nouveautés Velier ou pour immortaliser les sieurs Gargano et Valentin dans un même cadre.

 

Luca Gargano (devant), spécialiste es rhums et Serge Valentin (arrière-plan), spécialiste es whiskies

Luca Gargano (devant), spécialiste ès rhums et Serge Valentin (arrière-plan), spécialiste ès whiskies

 

Le rassemblement a des allures de festival musical où vous pouvez croiser des amateurs passionnés et souvent experts venant de toutes les régions de France (du monde?) et qui se rencontrent pour échanger sur leur passion commune: les spiritueux. Cavistes, barmen, restaurateurs, journalistes, blogueurs ou simples amateurs sont tous là pour goûter, déguster, critiquer les précieux flacons qui ornent les nombreux stands dédiés à la cause et qui sont présentés tels une collection de Haute Couture:

redim

 

Car, à l’instar du Salon du Chocolat, le plus grand rassemblement de spiritueux de France a dorénavant les contours du luxe et de la mode. L’affiche et l’illustration des programmes ne cache d’ailleurs pas l’affiliation:

 

20141001_145642

Le Carnet de Collection contenant le programme, la liste d’exposants, et les fameux tickets dégustation

 

Les mauvaises langues diront que l’image du salon va de pair avec le tarif prohibitif de certaines bouteilles -qui frôle, c’est vrai, parfois l’indécence.

 

IMG_6779

Ne soyons pas ronchon, l’événement est un véritable moment de plaisir et de partage pour tous les aficionados présents durant ces 3 jours. Je vous propose donc de m’accompagner dans mon périple au coeur du salon, qui relate une vision subjective et non exhaustive de l’événement. En effet, il me paraît compliqué de goûter plus de 900 références en 3 jours, et j’ai même dû me résoudre à revoir mes ambitions initiales à la baisse, faute de temps.

Commençons par définir le Whisky Live en quelques chiffres. Comme son nom ne l’indique pas, c’est bien l’ensemble des spiritueux qui y sont représentés et pas seulement les whiskies. Cette onzième édition, qui s’est déroulée les 27 et 28 septembre derniers (+ le 29 pour les professionnels) à la Maison de la Mutualité ( Paris V), a regroupé pas moins d’une centaine de marques proposant un panel de plus de 900 références en dégustation libre. Mais cette année, Thierry Bénitah, l’organisateur du salon (et patron de La Maison du Whisky) a exprimé sa volonté d’en élargir la portée en jouant les prolongations jusqu’au 3 octobre dans quelques bars à cocktails de la capitale. Je dois dire que l’idée m’est apparue d’emblée séduisante car il était jusqu’alors compliqué de déguster à la fois les spiritueux et les cocktails. Notons, au passage, l’aspect ludique de l’opération. Un « Passeport » donnant accès à des cocktails spécialement conçus pour l’événement était remis aux visiteurs (à utiliser dans les 4 bars parisiens partenaires*), ainsi qu’un « Carnet de Collection » qui lui, contenait des coupons pour déguster sur place.

 

20141001_145728

 

*Nous aurons l’occasion d’évoquer ces lieux un peu plus tard.

Le Whisky

L’espace Whisky est évidemment le plus important. Le 3è étage lui est entièrement consacré. La plus grande salle regroupe les Grandes Nations du Whisky (Irlande, Écosse, Etats-Unis, Japon), une seconde réunit les Whiskies du Monde et une troisième met en avant les Micro-Distilleries.

Je vais maintenant vous présenter mes coups de coeur de cette année. Je tiens à souligner que je n’ai d’engagement envers aucune marque et que la sélection suivante n’est guidée que par mon envie du moment.

IMG_6705

 

Je vous emmène tout d’abord du côté de l’Ecosse, dans la région des Lowlands où l’on produit un Single Malt triplement distillé: Auchentoshan.

 

IMG_6683

 

 

IMG_6685

 

 

Ce fût l’occasion d’échanger avec un adhérent au Club Maison du Whisky et qui représentait – le temps du salon – la marque Auchentoshan.

 

IMG_6686

 

 

J’ai découvert une gamme de Single Malts fins et élégants. Trois d’entre eux ont particulièrement attiré mon attention. – Le « Three Woods » est un Single Malt qui a séjourné successivement dans 3 fûts distincts (Bourbon, Xérès Oloroso et Pedro Ximénez). Épicé, boisé et fin sont les 3 adjectifs que j’ai noté lors de la dégustation.

 

IMG_6689

 

 

IMG_6702

 

 

-Le « 18 Years Old » , vieilli uniquement en fûts de Bourbon, offre une plus grande complexité aromatique. Beaucoup moins épicé que le « Three Woods » – on se rend compte alors de l’importance des fûts sélectionnés – on est marqué par la fraîcheur et la puissance (alors que le degré d’alcool est le même):

IMG_6690 auchen

 

 

– Le « 1988 Wine Cask Finish » est sans doute le plus singulier. Vieilli en fûts de Bourbon dans un premier temps (8ans), le Single Malt a ensuite reposé 17 ans dans des fûts ayant contenu du vin de Bordeaux. Le résultat? Un Single Malt de 25ans d’âge de couleur logiquement foncée, qui offre un bouquet très boisé et marqué par l’acidité, où se révèlent en bouche des saveurs fruitées mêlées à une puissance et une fraîcheur surprenante. Top!

 

IMG_6692

 

Nous avons ensuite fait une halte dans le Speyside (50% de la production écossaise), connue pour ses whiskies ronds et élégants.

Il y a peu, un ami suisse, friand comme moi de bonnes bouteilles, me suggérait de découvrir la gamme de chez Glenfarclas. C’est maintenant chose faîte:

 

IMG_6711 réduite

 

Glenfarclas est une des dernières distilleries familiales et indépendantes en Écosse, fait rare qui mérite d’être souligné.

« Chez nous, tout est dans la bouteille! ». Tel fut l’argument avancé par le jeune représentant pour minimiser l’aspect vieillot du packaging! Rassurons-le, nous ne sommes pas là pour discuter étui.

 

IMG_6710

 

Les trois Single Malt (12 ans, 15 ans, 21 ans) sont issus d’un vieillissement en fûts de Sherry, ce qui leur donne une certaine unité. Marqués par une attaque puissante et une belle longueur, chacun développe ensuite ses spécificités. Tantôt boisé et fruité (12 ans), tantôt légèrement fumé (15 ans) ou fruité/épicé (21 ans), la complexité s’intensifie au fil des ans, ce qui se confirme ensuite avec le « Family Casks 1975 »:

IMG_6712
D’un excellent rapport qualité/prix, la gamme de chez Glenfarclas m’a vraiment séduit.
Arrêtons nous maintenant chez un autre grand nom de la région Speyside: Glenfiddich, représenté par le chef barman du restaurant Apicius, Valentin Calvel.
IMG_6716
Marqué par un mauvais souvenir avec le 12 ans (la bouteille verte disponible en GMS), je dois confesser avoir longtemps fait l’impasse sur leur gamme. Mal m’en a pris, je suis passé à côté de Single Malts de grande qualité.
– Le « Malt Master’s Edition » m’a particulièrement plu. Très aromatique, on est surpris par tant de saveurs. Fruité et épicé à souhait, il se démarque par ses notes de fruits rouges et de vanille.
– Dans la même veine, je retiens le « Distillery Edition 15 » ans, dont j’ai adoré l’explosivité. 51° pour un Single Malt qui mêle une légère astringence à une belle longueur en bouche. Excellent!
– Enfin, je ne pouvais éluder le « 26 ans Excellence » qui est une cuvée extraordinaire. Élevée uniquement en fûts de chêne américain, je suis séduit par ses notes florales et son élégance. En bouche, on ressent une nouvelle fois l’astringence sur des touches d’agrumes.  Seul point noir, son prix, qui risque de freiner les ardeurs des plus modestes (pas loin de 500€).
Allons maintenant voir ce qu’il se passe du côté nippon.
2014 est une année spéciale pour Nikka, la marque japonaise référence, puisqu’elle souffle ses 80 bougies. Il y a quelques mois, elle avait investi un espace éphémère au coeur de Paris pour fêter l’événement, le 51.4  (en référence à son taux d’alcool):
20140707_224723
Une édition limitée du Nikka From The Barrel en format 3L avait été proposée pour l’occasion, ainsi qu’une carte de cocktails élaborée spécialement par Joseph Akhavan (ex-La ConserverieMabel et gagnant du concours Nikka Perfect Serve 2013) et par le Sherry Butt (dont nous parlerons un peu plus loin).
En ce qui concerne le Whisky Live, Nikka avait décidé de frapper fort une nouvelle fois. En sus du stand classique dans l’espace « Grandes Nations », elle avait également investi une salle au 5ème étage avec son Taketsuru Museum Bar en hommage à son fondateur.
20140928_172655
IMG_6848
IMG_6851
IMG_6739
Stanislav Vadrna, le célèbre ambassadeur de la marque Nikka Whisky, notamment avec le concours Nikka Perfect Serve
Stanislav Vadrna, le célèbre ambassadeur de la marque Nikka Whisky (notamment avec le concours Nikka Perfect Serve) prépare les cocktails… À base de Pure Malt.
IMG_6746
La gamme Pure Malt met à l’honneur Masataka Taketsuru, père fondateur du whisky japonais. En plus des 17 ans et 21 ans,  étaient présentées ici 2 nouvelles cuvées d’exception: le 21 ans Non-Chill filtered et le 21 ans Madeira Wood finish.
IMG_6852
 Ce sont 2 très belles expressions qui entérinent (si besoin est) le Japon comme étant l’un des leaders du marché.  La qualité des produits associée à un sens du marketing évident impose cette dynamique vertueuse.
Pour finir, je tenais à évoquer Rita, un « Apple Brandy »créé en référence à l’épouse de Taketsuru. En 1920, c’est au côté de cette jeune écossaise qu’il rentre au Japon (après avoir étudié la chimie et le procédé de fabrication du whisky) et avec qui il entreprend son projet fou, à savoir créer le premier whisky nippon.  Ayant commencé l’activité en produisant en parallèle du jus de pomme, du cidre et de l’eau-de-vie, Nikka propose ici un hommage à cette femme avec ce nectar de 30 ans d’âge. On retrouve dans cette bouteille toute la typicité de la marque: finesse, complexité, longueur en bouche et gourmandise. Top!
IMG_6750
Lors de l’édition 2013, je m’étais un peu trop attardé sur les whiskies du monde. Cette année, je me suis contenté d’une petite visite en Inde avec le stand Amrut dont j’adore la production:
IMG_6730 r
 Le climat joue un rôle essentiel dans la personnalité des whiskies Amrut. A l’instar des rhums en milieu tropical, la chaleur indienne impose des vieillissements courts (la part des anges est trop importante). C’est donc avec une certaine fierté que l’enseigne présente ici son whisky le plus vieux: le »10 years old », habilement nommé le « Greedy Angels ».
IMG_6722 r
En édition ultra-illimitée, cette bouteille n’était malheureusement pas disponible à la dégustation.
IMG_6725 r
Je me suis donc rabattu sur le Sherry que j’affectionne particulièrement (voir dégustation de la gamme: http://lagoulayedeludo.com/2013/11/les-whiskies-indiens-amrut-un-caractere-epice/)
IMG_6727r
et sur une autre nouveauté, le Single Cask, très réussi lui aussi:
IMG_6735 r
IMG_6736r
Nous allons maintenant clore le chapitre whisky par la présentation d’une micro-distillerie qui risque fort de s’imposer dans les années à venir: Le Domaine des Hautes-Glaces.
IMG_6823 r
Inscrite dans une démarche bio, cette jeune distillerie implantée dans la région de Grenoble, propose des whiskies tout à fait remarquables. Ne cherchez pas de comparaison, la production du Domaine des Hautes Glaces (DHG) ne ressemble qu’à elle-même.
IMG_6824 r
Le DMG décline une gamme de whiskies emprunts de fraîcheur et d’ arômes étonnants. Je tâcherai,à l’avenir, de m’intéresser de manière plus attentive à cette belle découverte.
IMG_6826 r
IMG_6825 r
Etage -1: Les Spiritueux:
IMG_6752
Des bars à cocktails éphémères… Mais pas tant que ça!
L’espace Spiritueux nous transporte dans une ambiance plus »smooth »; l’éclairage apportant cet esprit détendu, façon bar lounge. Évidemment, rien n’est fait au hasard. L’étage -1 fait la part belle aux rhums, Cognacs, Armagnacs, Calvados et autres eaux-de-vie mais il abrite également 2 bars à cocktails éphémères. Le Mabel et Le Syndicat présentent ici leur concept en avant première puisque ces deux entités vont réellement ouvrir leurs portes à Paris dans les semaines à venir.
Le Mabel sort tout droit de l’imaginaire de Joseph Akhavan (vous savez, le chef Barman qui a créé des cocktails pour le bar pop-up Nikka), qui propose l’association bar à cocktails et bar à rhum.
20140929_145743
IMG_6772
20140929_151124
L’idée de créer Le Syndicat résulte d’une réflexion entre deux acolytes, Sullivan Doh (ex-Sherry Butt) et Romain Le Mouellic: ils font le constat amer d’une sous-représentation des spiritueux français sur le territoire, notamment à Paris. Du coup, ils parcourent les routes pendant près d’un an afin de dénicher les pépites qui vont meubler leur backbar et ils sollicitent une trentaine d’amis pour monter leur « syndicat d’actionnaires », qui va permettre de donner vie à leur concept (dans le Xème arrondissement et dans un futur proche).
IMG_6783
IMG_6786
IMG_6791
J’ai pu goûter une de leurs créations nommée Vieux hexagone, élaborée uniquement à partir de spiritueux français: un résultat frais et original relevé par quelques gouttes d’Absinthe La Fée!
IMG_6800
Nous nous sommes ensuite dirigés vers l’espace Rhum:
IMG_6804 redim
IMG_6805 redim
Pressé par le temps, j’avoue m’être concentré sur les rhums qui me sont chers, à savoir les Velier, et plus précisément les Rhum Rhum et les Velier Demerara.
IMG_6761 redim
Les Rhum Rhum sont le reflet du travail minutieux du maître italien Cappovilla qui tire toute la quintessence du fruit (en l’occurrence, de la canne à sucre) pour en révéler les saveurs à travers ses eaux-de-vies. Si vous êtes amateurs de rhums et que vous ne connaissez pas cette marque, je vous conseille vivement de corriger cette anomalie.
IMG_6759 redim
IMG_6803 redim
Velier Demerara regroupe les stocks des fameux rhums guyanais rachetés par Luca Gargano, et vieillis depuis dans leur milieu naturel.  Très sollicité, entre masterclass et dédicace de son dernier ouvrage (l’Atlas du Rhum), je n’ai pas eu le temps d’échanger avec lui sur le salon.
IMG_6808 r
Ces quatre expressions cristallisent toutes les caractéristiques que je recherche dans le rhum. D’une puissance rare, ils dévoilent des arômes boisés/fruités uniques et vraiment intenses. Violent mais divin!
IMG_6813 r
C’est après cette dernière dégustation que j’ai dû me résoudre à l’idée que les portes du parc d’attraction allaient se refermer. Aïe! Même pas eu le temps de m’arrêter au stand Clairin, ni même de me délecter des saveurs tourbées de l’île d’Islay. Il m’aurait fallu une semaine complète pour faire tout ce que j’avais prévu…
Heureusement, ce n’est pas tout à fait terminé…
Comme je vous l’annonçais précédemment, cette année, le salon prolonge l’événement au delà du week-end, l’idée étant de déplacer une partie de l’espace spiritueux vers des bars à cocktails de la capitale. C’est évidemment une initiative gagnante pour tous les acteurs de l’opération: les marques sont mises en avant et valorisées par des cocktails préparés sur mesure; les bars profitent d’une belle exposition et l’organisateur est ravi puisqu’il est également le distributeur… Mais n’oublions pas le dernier acteur bénéficiaire: le public, qui a l’occasion de venir déguster un cocktail dans chacun des bars partenaires et ce, dans une ambiance plus intimiste et détendue.
Nous avions donc prévu, avec quelques amis, de nous faire une virée marathon le vendredi soir. Un thème avait été astucieusement attribué à chacun des lieux. Ainsi, le Lockwood (Paris 2) proposait une carte tournant autour des blends, le Sherry Butt (Paris 4) prenait en charge les spiritueux à base d’agave (Mezcal et Tequila), L’Entrée des Artistes (Paris 11) mettait en avant le Gin alors que La Table de la Grande Epicerie de Paris (Paris 7) représentait la Vodka.
Malheureusement, nous avons dû faire l’impasse sur l’un des 4 lieux, nous rendant compte trop tard que l’opération se terminait à 21h pour l’un d’entre eux. Privés de vodka donc…
1- Le Lockwood:
 J’ai découvert le Lockwood il y a quelques mois, lors d’une dégustation des Cognacs Landier, grâce à Carole Nicolas, ma tutrice en matière de spiritueux. J’étais donc ravi de revenir dans cet endroit atypique où j’avais déjà passé un moment très agréable.
Je ne vous cacherai pas ma préférence pour cette étape. Mais comment aurait-il pu en être autrement? Un lieu où l’on peut siroter des cocktails au top dans une ambiance de pierres et de voûtes sur un fond rock 70’s (The Black Keys, Hendrix ou Led Zep),  ça ne pouvait que me plaire! Voici quelques photos du sous-sol, où se déroulait la soirée:
IMG_6991r
IMG_6980 r
IMG_7004 r
IMG_6932 c
IMG_6870 t
IMG_6906 m
IMG_6917 j
IMG_6898 l
IMG_6899 ki
IMG_6868 jkk
De l’espace, du confort, des cocktails originaux de qualité (sirops maison et jus de fruits pressés à la minute) personnel à l’écoute et réactif… Que vous dire de plus? Ah! Oui! Essayez le cocktail Penicillin!
 2- Le Sherry Butt:
Direction 4è arrondissement pour déguster les cocktails 100% agave. Vous connaissez tous l’agave? Non? Je vous explique rapidement avant de rentrer.
L’agave est une plante que l’on trouve originairement sur le continent américain (principalement au Mexique). Il existe des centaines d’espèces, dont certaines d’entre elles servent à la fabrication de la Tequila et du Mezcal.
Pour ces 2 spiritueux, la mention 100% agave est un gage de qualité supérieure, contrairement à tout ce qui se trouve en GMS qui est produit à base d’agave et d’alcool de sucre.
Il y a tout juste un an, je n’avais encore qu’une vague idée de ce que pouvait être le mezcal ( je n’en avais goûté qu’une seule fois) et c’est Stanislas Jouenne, expert en spiritueux et responsable de la boutique LMDW Fine Spirits à Odéon qui m’a donné une formation express. Sachant que j’appréciais particulièrement le caractère fumé de la tourbe, il m’avait proposé de goûter certaines pépites:
20131022_19060020131022_190543
20131022_19060920131022_190530
Le Mezcal 100% agave (appelés également Maguey), a pour point commun avec les whiskies tourbés une saveur fumée particulière.
Pour le whisky, cette empreinte provient de la tourbe (terre faîte de débris végétaux que les écossais font sécher avant de s’en servir comme combustible) que l’on chauffe et qui vient parfumer l’orge durant la phase de maltage. La fumée imprime la céréale de sa saveur puissante, que l’on retrouve ensuite dans la plupart des whiskies de l’île d’Islay (Lagavulin, Laphroaig, Ardbeg, etc.).
En ce qui concerne le Maguey, on obtient ce goût fumé par un procédé artisanal: on chauffe le coeur de l’agave que l’on a déposé dans des palenques (trous en forme conique de 2-3 mètres de diamètre dans le sol) entouré de pierres chaudes et de terre pendant quelques jours.
Vous en savez maintenant un peu plus sur la matière première, nous pouvons y aller!
Le Sherry Butt, établissement habituellement spécialisé dans le whisky, avait donc troqué ses bouteilles pour proposer une carte autour des spiritueux mexicains. Composé de deux salles en longueur, ce bar à cocktails situé dans le marais, mêle à la fois le chic et le décontracté. Entre pierres apparentes, cuir et lumières tamisées, l’endroit inspire détente et bien-être. Côté musique en revanche, je m’y retrouve moins: House minimal à gros volume,  ce n’est pas trop ma came. Mais nous sommes vendredi soir et le week-end le Sherry Butt goûte à l’ambiance des platines, c’est comme ça. Une nouvelle fois, je tiens à préciser que c’est un avis totalement subjectif puisque mon amie a adoré cette touche électro. Je dois vieillir… Côté bar en revanche, tout le monde est d’accord pour dire que ça envoie du lourd.
IMG_7037 g
Là aussi, le prix des cocktails (entre 12 et 15€) est justifié par une qualité irréprochable avec sirops maison,  jus frais et cocktails originaux.
IMG_7078 bb
 J’ai adoré leur SMOKY SUZI (Mezcal Del Maguey-Suze-Whisky Barrel Aged Bitter-Sirop d’ananas flambé-Citron jaune pressé-Sauge) avec sa saveur fumée et le CHUPACABRA (Tequila José Cuervo-Oloroso Sherry-Sirop de coing et Tonka-Sirop d’orgeat-Citron jaune pressé).
Une collection de Mezcals et Tequilas à faire pâlir un mexicain

Une collection de Mezcals et Tequilas à faire pâlir un mexicain

 Mine de rien, l’aiguille de l’horloge tourne et nous devons nous résoudre à quitter nos sièges pour finir notre marathon. Je me dis alors que je reviendrai tester quelques cocktails de leur carte classique dans d’autres conditions. À suivre…
La dernière étape de notre parcours nous emmène dans le 11ème arrondissement, près du Cirque d’Hiver et d’Oberkampf. L’Entrée des Artistes offre un cadre adapté à notre fin de soirée. Une petite salle chaleureuse tintée d’une ambiance vintage avec ses racines Soul 70’s qui transpirent de la déco.
IMG_7100 2
Idéal pour un after-work ou pour venir se détendre entre amis, l’établissement propose également une cuisine bio accompagnée de vins naturels. À tester!
IMG_7103 ty
La carte mise en place autour du Gin est des plus alléchantes. Finalement, le FAT BEETS (Mombasa Gin-Jus de Betterave centrifugée-Cordial Gingembre-Jus de citron vert et citron frais-Bulle rosé naturelle) et le BOLLYWOOD (Monkey 47-Sucre glace-Jus de citron frais-Réduction de jus de raisin infusé aux épices Masala) remportent tous les suffrages.
IMG_7093 u
D’un côté, vous avez la fraîcheur de la betterave citronnée et de l’autre la puissance aromatique du Monkey 47 et des épices qui l’accompagnent. Le Gin est vraiment un spiritueux fabuleux qui se prête à merveille à l’exercice du cocktail.
IMG_7094 (2)
La douceur de la betterave mêlée à la fraîcheur de l’agrume avec la touche de gingembre qui vient réveiller vos papilles font de ce cocktail une création juste et équilibrée.
IMG_7096 tt
Le BOLLYWOOD quant à lui, a davantage de punch. Porté par un gin particulièrement aromatique, il fait danser nos papilles au rythme du Tâla. J’adore!
IMG_7085 m
A peine le temps de finir nos verres que nous nous apercevons que l’heure du dernier métro se profile… Damn! Il va falloir se faire une raison. Cette fois-ci, c’est la fin.
Cette onzième édition du Whisky Live fût, une réussite en tout point. Les organisateurs, exposants, bars partenaires ont mis la barre très haut pour satisfaire les plus exigeants, et nul doute que la prochaine sera encore plus grandiose. Il se murmure d’ailleurs que le Spirits in the City risque d’élargir considérablement son parcours en 2015 avec pas moins d’une dizaine de partenaires. En attendant, c’est avec un large sourire et la tête remplie de souvenirs que nous rentrons.
Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont participé (de près ou de loin) à cet événement et qui ont contribué à faire de celui-ci ce moment de partage festif. J’ai également une pensée particulière pour Carole Nicolas pour sa gentillesse sans faille, Julien Thiriot (Lockwood) pour son accueil et sa disponibilité et Samsha évidemment, pour ses photos et son support au quotidien.
A très bientôt pour de nouvelles goulayes!
Vous pourrez suivre les aventures photographiques de Samsha sur son compte Facebook Samsha’s Eyes: https://www.facebook.com/sasha.eyes?fref=ts
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
Ancien cuisinier et commercial dans le milieu de l'alimentaire

ARTICLES SIMILAIRES

0 2957

2 COMMENTAIRES

Laisser un commentaire